L'épicondylite latérale — communément appelée "tennis elbow" — est la principale cause de douleur chronique du coude chez l'adulte actif. Elle touche 1 à 3 % de la population et représente une cause fréquente d'arrêt de travail dans les professions manuelles. Cette tendinopathie d'insertion touche le tendon de l'extenseur radial court du carpe (ECRB) à son attache sur l'épicondyle latéral de l'humérus.

Physiopathologie

L'épicondylite latérale est une tendinopathie dégénérative (tendinose angiofibroblastique) plutôt qu'une inflammation au sens strict. Des microtraumatismes répétés de l'ECRB créent une zone de nécrose avasculaire à l'insertion épicondylienne. L'absence de réseau vasculaire local explique la tendance à la chronicisation et la résistance aux traitements anti-inflammatoires classiques.

Le diagnostic différentiel inclut le syndrome du nerf interosseux postérieur (compression de la branche profonde du nerf radial au niveau du tunnel radial), qui peut parfaitement mimer une épicondylite et nécessite un EMG pour être reconnu. Voir aussi la page Lacertus Fibrosus pour les compressions nerveuses du coude.

Symptômes

  • Douleur à la face externe du coude, irradiant vers l'avant-bras et parfois jusqu'au poignet
  • Point douloureux précis à la palpation de l'épicondyle latéral (2 cm distalement)
  • Douleur déclenchée par l'extension contrariée du poignet (test de Cozen positif) et la rotation de l'avant-bras
  • Faiblesse de la prise en main : difficulté à serrer une main, soulever une cafetière, tenir un outil
  • Aggravation par les activités répétitives (vissage, frappe au clavier, tennis, golf)
  • Évolution souvent prolongée : 12 à 18 mois en moyenne sans traitement adapté

Diagnostic

  • Examen clinique : tests de Cozen, Mills et de la chaise. Palpation du point épicondylien.
  • Échographie du coude : confirme la tendinose (ECRB hypoéchogène, épaissi), évalue les calcifications, guide les infiltrations écho-guidées
  • IRM : réservée aux formes atypiques ou sévères avant chirurgie (évalue l'étendue de la désinsertion et les lésions intra-articulaires associées)
  • EMG : si suspicion de syndrome du nerf interosseux postérieur

Traitements conservateurs (0 à 6 mois)

Le traitement médical bien conduit doit être poursuivi au moins 6 mois avant d'envisager la chirurgie :

  • Repos relatif et éviction des gestes déclenchants
  • Orthèse contre-force épicondylienne (brace) portée en activité
  • AINS topiques et oraux sur courte durée
  • Kinésithérapie : étirements excentriques, massage transverse profond (MTP de Cyriax), physiothérapie, renforcement progressif
  • Ondes de choc extracorporelles (ESWT) : efficacité démontrée dans les formes chroniques (> 3 mois). 3 à 5 séances espacées d'une semaine.
  • Infiltrations de corticoïdes : effet antalgique rapide (48-72h) mais limité à 4-6 semaines. Maximum 2 infiltrations pour éviter la fragilisation tendineuse.
  • Injections de PRP (plasma riche en plaquettes) : résultats supérieurs aux corticoïdes à 6 et 12 mois dans les études récentes. Option de choix après échec des corticoïdes.

Traitement chirurgical : ténotomie des épicondyliens

La chirurgie est proposée après 6 mois de traitement médical bien conduit sans amélioration satisfaisante. Elle concerne environ 10 % des patients. Le Dr OCA réalise la ténotomie des épicondyliens, avec deux voies d'abord :

Voie arthroscopique (préférée par le Dr OCA)

  • 2 mini-incisions de 3-4 mm (portails) sous arthroscope
  • Désinsertion et résection de la zone tendineuse pathologique de l'ECRB sous contrôle visuel direct
  • Traitement simultané des lésions intra-articulaires associées : synovite, plica synovial, corps étrangers
  • Cicatrices quasi invisibles, douleurs post-opératoires moindres

Voie mini-ouverte

  • Incision de 3 cm au-dessus de l'épicondyle
  • Désinsertion directe de l'ECRB pathologique, avivage osseux
  • Alternative si contre-indication à l'arthroscopie ou geste complémentaire nécessaire

Conditions opératoires

  • Chirurgie ambulatoire à la Clinique Saint-Roch de Roncq
  • Anesthésie locorégionale (ALR) — bloc axillaire ou bloc au coude : bras entièrement insensibilisé, réveil confortable
  • Durée : 30 à 45 minutes
  • Retour à domicile le jour même

"L'arthroscopie du coude transforme la prise en charge de l'épicondylite résistante : en une seule intervention de 30 minutes sous ALR, je résèque précisément la zone tendineuse pathologique tout en traitant les lésions intra-articulaires associées que l'IRM n'aurait pas montrées. Le patient rentre chez lui le jour même avec un poignet fonctionnel."

— Dr Valentin OCA, chirurgien orthopédiste, Clinique Saint-Roch, Roncq

Récupération post-opératoire

Période Étape de récupération Ce qui est autorisé
J0 – J2 Réveil ALR, pansement compressif Mouvements des doigts autorisés dès J1
J3 – J14 Attelle de poignet amovible Hygiène, activités légères du quotidien
J15 Début kinésithérapie Mobilisation progressive, étirements doux
3–4 semaines Retour travail de bureau Clavier, conduite, activités légères
3 mois Retour travail manuel / sport Tennis, port de charges, activités complètes

Questions fréquentes

L'épicondylite guérit-elle spontanément ?
Dans 85-90 % des cas, l'épicondylite guérit en 12 à 18 mois avec un traitement bien conduit (kiné, ondes de choc, PRP). La chirurgie n'est nécessaire que pour les 10 % de cas résistants à 6 mois de traitement médical optimal.
Les infiltrations de cortisone sont-elles efficaces ?
Les infiltrations de corticoïdes soulagent rapidement (48-72h) mais l'effet ne dure que 4 à 6 semaines. Les études montrent qu'elles n'améliorent pas le résultat à 1 an. Le Dr OCA les limite à 2 injections maximum pour éviter la fragilisation tendineuse. Le PRP (plasma riche en plaquettes) offre de meilleurs résultats à long terme.
Quelle différence entre voie arthroscopique et mini-ouverte ?
La voie arthroscopique utilise 2 incisions de 3-4 mm et permet de traiter simultanément les lésions intra-articulaires (synovite, plica). La voie mini-ouverte utilise une incision de 3 cm. Le Dr OCA privilégie l'arthroscopie pour sa précision diagnostique et thérapeutique, et ses cicatrices quasi invisibles. Les résultats à long terme sont équivalents pour les deux voies.
Peut-on continuer le sport pendant le traitement conservateur ?
Oui, en adaptant les gestes. Pour le tennis, il est conseillé de revoir la technique du revers, d'augmenter la taille du manche et de réduire la tension du cordage. Le port du brace épicondylien permet souvent de continuer certaines activités en phase conservatrice.
Quels sont les risques de la chirurgie ?
La ténotomie arthroscopique est une chirurgie sûre avec un taux de complications inférieur à 5 % (hématome, infection superficielle, raideur transitoire du coude). La lésion du nerf radial ou de ses branches est exceptionnelle avec la technique arthroscopique maîtrisée. Le taux de succès à long terme est de 85 à 90 %.
Comment distinguer épicondylite et compression du nerf interosseux postérieur ?
Le syndrome du nerf interosseux postérieur (compression de la branche profonde du nerf radial) peut parfaitement mimer une épicondylite. Il faut évoquer ce diagnostic si la douleur est plus diffuse, s'il existe une faiblesse d'extension des doigts, ou si le traitement de l'épicondylite est inefficace. L'EMG et l'échographie permettent le diagnostic différentiel. Voir aussi la page dédiée au Lacertus Fibrosus.